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Actualité Fiscale : Mesures fiscales de la loi pour un État au service d'une société de confiance...    •  Calcul du crédit d'impôt de l'année de transition (2018) : précisions sur les revenus exceptionnels et ceux qui ne le sont pas...    •  La majoration de 1,25 qui n'est pas justifiée de manière distincte peut faire tomber la proposition de rectification...    •  Biens d'occasion contenant des métaux précieux...    •  Pas d'assujettissement à la redevance télé pour les détenteurs de micro-ordinateurs...    •  

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» Le service de télécorrection de la déclaration de revenus de 2017 est ouvert ! 






L'administration permet aux contribuables ayant télédéclaré leurs revenus de rectifier en ligne leur déclaration, s'ils constatent une erreur ou une omission au moment de la réception de leur avis de situation déclarative à l'impôt sur le revenu ou de leur avis d'impôt (« télécorrection »).

Ce service de correction en ligne de la déclaration des revenus de 2017 sera ouvert du 31 juillet au 18 décembre 2018.

L'accès à ce service est réservé aux seuls usagers ayant déclaré leurs revenus en ligne sur impots.gouv.fr, à l?exclusion de ceux qui :

- ont déposé une déclaration de revenus sur papier ;

- ont effectué une déclaration en ligne sur impots.gouv.fr mais ne l'ont pas validée ;

- ont déposé une déclaration en mode EDI via un partenaire EDI.

Les intéressés peuvent se connecter au service via la page d'accueil du site impots.gouv.fr (rubrique « corriger ma déclaration ») ou à partir de leur espace particulier (identification avec le numéro fiscal et mot de passe).

Les corrections peuvent porter sur les informations relatives aux revenus, aux charges et aux personnes à charge, mais non celles portant sur l'état civil, l'adresse, la situation de famille ou encore les coordonnées bancaires. Les éléments relatifs à l?impôt sur la fortune immobilière (IFI) portés sur la déclaration de revenus peuvent également être rectifiés.

Après modification, le contribuable recevra un nouvel avis d?impôt l?informant du montant définitif de l?impôt à payer. Si le contribuable bénéficie d?un dégrèvement et que l?impôt a déjà été payé le trop-perçu sera remboursé.




Communiqué du 30-7-2018



 
» Comment fonctionne le crédit d'impôt modernisation du recouvrement ? 






Le bénéfice du CIMR est accordé en matière d?impôt sur le revenu et, le cas échéant, de contributions sociales, aux contribuables domiciliés fiscalement en France ou à l?étranger dès lors qu?ils disposent de revenus non exceptionnels effectivement imposables en France et inclus dans le champ du prélèvement à la source (BOI-IR-PAS-50-10-10 n° 1 et BOI-IR-PAS-50-10-40 n°1).

À noter : dans certaines circonstances, un CIMR complémentaire peut être octroyé aux titulaires de BIC, de BNC ou de BA ainsi qu?à certains dirigeants de sociétés.

Modalités de calcul du CIMR

En matière d?impôt sur le revenu

Le CIMR est égal au montant de l?impôt sur les revenus de l?année 2018 multiplié par le rapport entre : ? les montants nets imposables des revenus non exceptionnels perçus en 2018 et relevant du champ d?application du prélèvement à la source ;

? et le revenu net imposable suivant le barème progressif de l?impôt sur le revenu (Loi 2016-1917 du 29-12-2016 art. 60, II).

L?administration retient donc la formule de calcul suivante (BOI-IR-PAS-50-10-10 no 20) :

CIMR = [IR x Rinclusnonexcep/ RNI] CIétranger

Au numérateur, « IR » correspond à l?impôt sur le revenu du foyer issu du barème progressif (CGI art. 197) et calculé sur l?ensemble des revenus perçus ou réalisés en 2018. Le cas échéant, l?impôt pris en compte s?entend de celui déterminé après application des modalités particulières d?imposition prévues aux articles 75-0 B, 84 A ou 100 bis du CGI (système de la moyenne), 75-0 A et 163 A du CGI (système de la base fractionnée) ou de l?article 163-0 A du CGI (système du quotient). Il s?entend également de celui issu des taux spécifiques prévus pour les non-résidents ou les résidents d?outre-mer par l?article 197 A du CGI. En revanche, ne sont pas pris en compte l?impôt sur le revenu issu de l?application d?un taux proportionnel, les réductions et crédits d?impôt acquis au titre de l?année 2018 de même que les autres contributions, taxes et prélèvements pouvant figurer sur le même article de rôle que l?impôt sur le revenu 2018 (BOI-IR-PAS-50-10-10 no 30).

« Rinclusnonexcep » correspond à la somme des revenus nets imposables non exceptionnels perçus au cours de l?année 2018 et qui relèvent du champ d?application du prélèvement à la source. L?administration renvoie sur ce point à ses commentaires publiés au BOI-IR-PAS-20-20-10 (notion de revenu net imposable) et au BOI-IR-PAS-50-10-20 (notion de revenus non exceptionnels).

À noter S?agissant des revenus non exceptionnels, seuls ceux afférents à la catégorie des revenus fonciers ont été commentés par l?administration à ce jour (BOI-IR-PAS-50-10-20-40).

Au dénominateur, « RNI » correspond à la somme des revenus nets catégoriels soumis au barème de l?impôt sur revenu, que ces revenus relèvent ou non du champ d?application du prélèvement à la source, abstraction faite des déficits catégoriels et des déficits, charges et abattements déductibles du revenu global (BOI-IR-PAS-50-10-10 no 50).

« CIétranger » correspond au montant des crédits d?impôt prévus par les conventions fiscales et octroyés à raison de revenus entrant dans le champ du prélèvement à la source. Toutefois, ce montant n?est retenu que pour son montant plafonné au montant de l?impôt français correspondant à ces mêmes revenus et effectivement imputable (BOI-IR-PAS-50-10-10 no 60).

En matière de contributions sociales

Le montant du CIMR en matière de contributions sociales est calculé en appliquant le taux global des contributions dues sur les revenus du patrimoine non exceptionnels déterminés comme en matière d?impôt sur le revenu. Ce taux s?élève à 17,2% pour les revenus du patrimoine de 2018.

En cas de transfert du domicile hors de France en 2018

Les modalités de calcul du CIMR sont aménagées lorsque le transfert du domicile hors de France en 2018 entraîne l?application des dispositions de l?article 167 bis du CGI (« exit tax »). Ainsi, lorsque le contribuable relevant de l?« exit tax » opte pour le barème progressif de l?impôt sur le revenu et ne bénéficie pas du sursis de paiement, le CIMR est calculé dans les conditions de droit commun et intègre le montant des plus-values et créances concernées (dans « RNI » de la formule de calcul) et celui de leur imposition (dans « IR » de cette même formule). Dans le cas contraire, le CIMR est calculé sans tenir compte de ces éléments (BOI-IR-PAS-50-10-10 nos 80 et 90).

Une régularisation est ensuite opérée l?année de survenance d?un des événements mentionnés à l?article 167 bis, VII du CGI. Ainsi, en cas de cession des titres, le CIMR est recalculé dans les conditions de droit commun en tenant compte des montants définitifs des plus-values et créances concernées. Le cas échéant, le montant de la rectification est imputé sur l?impôt dû ou à restituer à raison de l?événement intervenu (BOI-IR-PAS- 50-10-10 nos 110 et 120).

Modalités d'imputation du CIMR

Le CIMR afférent à l?impôt sur le revenu s?impute sur l?impôt dû au titre de l?année 2018, après imputation préalable des réductions et crédits d?impôt ainsi que des prélèvements et retenues non libératoires. L?éventuel excédent est restituable (BOI-IR-PAS-50-10-10 no 130).

Le CIMR afférent aux contributions sociales s?impute sur les contributions dues au titre de l?année 2018 (BOI-IR-PAS-50-10-40 no 50).

Procédure de rescrit sur les salaires éligibles au CIMR

La déclaration des revenus de l?année 2018 qui sera souscrite en 2019 sera aménagée afin que les contribuables y mentionnent distinctement les revenus éligibles au CIMR et ceux qui n?y ouvrent pas droit. En cas de doute sur le traitement fiscal de certains revenus, les contribuables peuvent interroger l?administration et demander un rescrit dans les conditions de l?article L 80 B, 1o du LPF. L?administration se prononce dans un délai de trois mois sur toute demande précise, écrite et complète présentée par un contribuable de bonne foi.

Si l?employeur n?a pas à qualifier les revenus versés en 2018 à ses salariés au regard de leur éligibilité au CIMR, il peut cependant lui aussi interroger l?administration sur le traitement fiscal d?un revenu par le biais de la procédure spécifique de rescrit prévue par le dernier alinéa du C du II de l?article 60 de la loi 2016-1917. La demande doit porter exclusivement sur l?éligibilité au CIMR des éléments de rémunération versés par l?employeur.

La réponse de l?administration constitue une prise de position formelle opposable au sens des dispositions de l?article L 80 A du LPF ; son absence de réponse dans un délai de trois mois, décompté de quantième à quantième, vaut acceptation tacite de l?analyse exposée dans la demande (BOI-IR-PAS-50-20-40 nos 1 et 100).

Quelle que soit sa forme, la réponse de l?administration ne peut être invoquée par des salariés qui n?ont pas été mentionnés dans la demande de rescrit, quand bien même ceux-ci bénéficieraient de rémunérations analogues à celles sur lesquelles l?administration s?est prononcée (BOI-IR-PAS-50-20-40 no 160).

Les salariés qui ne se conformeraient pas à une réponse de l?administration concluant au caractère non éligible d?un revenu au CIMR s?exposent à des pénalités (BOI-IR-PAS-50-20-40 n° 130).

David KERSALE

Pour en savoir plus sur le prélèvement à la source : voir Mémento fiscal nos 3950 s.




BOI-IR-PAS-50



 
» Comptabilités informatisées : pas de communication au contribuable des algorithmes utilisés 






L?article L 47 A du LPF ouvre au contribuable le choix entre trois modalités distinctes de contrôle des comptabilités informatisées : soit il laisse le vérificateur se servir du matériel qu?il utilise, soit il demande à effectuer lui-même, sur ce matériel, les traitements informatiques demandés par le vérificateur, soit, enfin, il met à la disposition du vérificateur une copie des données, traitements et documents utilisés au sein de l?entreprise.

Lorsqu?une société vérifiée choisit de mettre à la disposition de l?administration les copies des documents, données et traitements soumis à contrôle, le Conseil d'Etat juge que l?administration est tenue de préciser, dans sa proposition de rectification, les fichiers utilisés, la nature des traitements qu?elle a effectués sur ces fichiers et les modalités de détermination des éléments servant au calcul des rehaussements.

En revanche, l'administration n'est tenue de communiquer ni les algorithmes, logiciels ou matériels qu?elle a utilisés ou envisage de mettre en oeuvre pour effectuer ces traitements, ni les résultats de l?ensemble des traitements qu?elle a réalisés. Elle ne doit préciser que ceux des résultats des traitements qui ont été utilisés pour établir les rehaussements, que ce soit préalablement à la proposition de rectification ou dans le cadre de celle-ci.

Pour en savoir plus sur le contrôle des comptabilités informatisées : voir Mémento Fiscal no 78140.




CE 8e-3e ch. 4-5-2018 no 410950



 

 
     
  » Actualité économique
» Guillaume Lemaire, LR Vision, "Objectif : 5 millions d'euros de CA d'ici 5 ans"  

Basée à Castanet-Tolosan, LR Vision apporte des solutions innovantes pour les constructions en béton.  Grâce à son laboratoire d'innovation, LR vision conseille les constructeurs dans la réalisation de parements de béton "mais nous avons innové en matière de sols décoratifs" précise Guillaume Lemaire, cofondateur de l'entreprise. LR Vision a réalisé 1,8 M' en 2014 et espère atteindre les 5 M' annuel d'ici 5 ans. L'entreprise est lauréate du prix Innovation des Grands Prix de l'Économie 2014.


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» Données personnelles : le sujet polémique du futur projet de loi Numérique 

 Axelle Lemaire, la secrétaire d'État au Numérique, a présenté mercredi 14 janvier aux députés les grands axes du futur projet de loi sur le numérique. Elle veut renforcer la protection de la vie privée en créant notamment un droit au déréférencement pour les mineurs et un "droit à l'autodétermination informationnelle". Des propositions qui ne font pas forcément l'unanimité dans le secteur.


Que contiendra le futur projet de loi numérique qu'Axelle Lemaire, la secrétaire d'État qui porte cette thématique, espère "présenter au Parlement si possible au premier semestre" \' La ministre a dévoilé les grands axes du texte devant les députés mercredi, lors d'un "débat d'orientation pour la stratégie numérique de la France", qui a duré plus de deux heures, dans un hémicycle malheureusement quasi désert, à l'exception d'une quinzaine de députés parmi les plus passionnés par le sujet (Corinne Erhel, Lionel Tardy, Laure de la Raudière, Franck Riester, etc.).


"L'objectif du gouvernement est de hisser la France sur le podium des pays les plus avancés numériquement. Nous proposons de tirer parti au maximum de l'économie de la donnée", a expliqué la ministre, invitant les parlementaires à "construire ensemble la République, à l'heure du numérique, la République numérique."


Plus d'opendata

Le texte traitera en effet majoritairement des données en général, personnelles en particulier. Il comprendra un volet complet sur l'ouverture des donnés publiques (opendata), qu'il faudra "renforcer, élargir." Thierry Mandon, le secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, a précisé que le texte consacrera "le principe de l'ouverture par défaut, le principe de la gratuité de la réutilisation des données et l'encadrement de la perception éventuelle de redevances." Des pouvoirs seront confiés à l'administrateur général des données (Chief data officer), nouvellement nommé, Henri Verdier, et ceux de la CADA (commission d'accès aux documents administratifs) élargis.
"Nous réfléchissons à la définition d'une nouvelle catégorie de données, d'intérêt général, qui pourrait par exemple concerner les données de transport", a également indiqué la ministre.

Droit au déréférencement, voire à l'effacement des données

Mais le volet qui fera le plus polémique est celui concernant la protection de la vie privée. La ministre propose d'"introduire de nouveaux droits." "Nous souhaitons que cette économie et cette société de la donnée n'émergent pas au détriment de la protection de la vie privée. Il faut pour cela introduire de nouveaux droits pour les individus dans le monde numérique", a déclaré Axelle Lemaire.


La ministre a cité plusieurs pistes : "créer une action collective permettant aux usagers de services en ligne de peser plus lourdement face aux géants de l'Internet", par exemple en cas de violation de la législation sur les données personnelles, "un droit de déréférencement" sur les moteurs de recherche, "voire à l'effacement des données, qui s'appliquerait automatiquement aux mineurs, très friands de réseaux sociaux", sorte de déclinaison du "droit à l'oubli", mais aussi "l'accès facilité au contenu des informations détenues sur soi par des tiers."

Autodétermination sur ses données

C'est ce dernier point qui fait l'objet de nombreux débats. Il s'agit du "droit à l'autodétermination informationnelle", un concept forgé par la Cour Constitutionnelle allemande en 1983 (bien avant internet), remis au goût du jour depuis quelques années et repris par le Conseil d'État dans une étude publiée en septembre dernier, qui conseillait de "renforcer la place de l'individu dans le droit à la protection de ses données ("autodétermination informationnelle") pour lui permettre de décider de la communication et de l'utilisation de ses données à caractère personnel."


"Au gouvernement, nous considérons que la donnée personnelle n'est pas une donnée commerciale comme une autre et nous refusons l'idée d'un droit patrimonial sur la donnée personnelle", a répondu la ministre au député PS du Maine-et-Loire Luc Belot. "En revanche, il est essentiel d'avoir le droit de disposer librement des données qui nous concernent. Ce concept allemand jurisprudentiel de l'autodétermination informationnelle pourrait être traduit de façon plus simple en droit français. C'est une piste que nous souhaitons explorer", a déclaré Axelle Lemaire.


L'idée de "sanctifier les données individuelles et collectives des Français" sous ce concept juridique est "trompeuse car le concept est né bien avant les réseaux sociaux et le big data" objecte Pierre Bellanger, le fondateur de Skyrock dans une tribune publiée dans le Monde daté de samedi :


"Faire croire aux Français qu'ils seront maîtres de leurs données parce que la loi leur donnera l'auto-détermination informationnelle est une illusion. Chacun d'entre nous devra s'en souvenir quand nous serons sommés de cliquer "OK" pour accéder à un réseau social, un moteur de recherche, ou une librairie musicale qui exploiteront nos données pour nous les revendre. Si le gouvernement et le Parlement devaient confirmer ce choix de l'autodétermination informationnelle, ils mettraient un terme à la possibilité que des acteurs européens émergent grâce à l'économie de la donnée" met en garde Pierre Bellanger, également auteur d'un ouvrage sur "La souveraineté numérique".

Des sanctions plus lourdes de la Cnil


D'ailleurs, les acteurs français de l'e-commerce ont fait part de leurs inquiétudes. Le délégué général de la Fevad, Marc Lolivier, déclarait début janvier : "on a le sentiment que les pouvoirs publics ont une vision protectrice et conservatrice du numérique : on parle beaucoup de renforcement des droits et de protection de données, mais ce n'est qu'un volet et il ne faut pas s'arrêter là [...] Le projet de loi numérique ne doit pas aborder la question des données personnelles, un thème très important pour les e-commerçants. Un projet de règlement européen très ambitieux est en cours d'élaboration, donc nous mettons en garde contre des normes franco-françaises" confiait-il au JDN.


Déterminée à renforcer cette protection des données personnelles, la ministre propose aussi de "revoir les missions de la Cnil", la Commission nationale de l'informatique et des libertés, qui repose sur une loi datant de 1978, et ce afin de "mieux accompagner en amont les entreprises", dans un environnement juridique complexe, mais aussi de "sanctionner plus lourdement" en cas de manquement.
"Quand un Google, qui engrange 3 milliards de dollars de bénéfice net au seul troisième trimestre, ne respecte pas la loi française sur les données personnelles, faut-il se contenter d'une sanction maximum de 150.000 euros \' Je pose la question", s'est interrogée la ministre devant les députés.


La Cnil a elle-même dévoilé cette semaine ses propres propositions sur les évolutions de la loi, qui évoque même "la constitutionnalisation du droit à la protection des données personnelles." Un sujet qui n'a pas fini d'animer les débats avec les acteurs du numérique consommateurs de données...


Delphine Cuny



, LaTribune.fr
©photo DR



 
» "Hollywood-sur-Garonne" : Bruno Granja, le retour 

Nouvelle saison dans le feuilleton d' "Hollywood-sur-Garonne". Deux ans après l'échec du projet de studio de cinéma sur la base aérienne de Francazal (Toulouse) et un projet inabouti à Pamiers, le porteur de projet Bruno Granja, accompagné de plusieurs investisseurs étrangers, propose de nouveaux studios de tournage à Fontenilles, en Haute-Garonne. L'ancien architecte de Cugnaux a signé une promesse de vente portant sur 40 hectares de terrain. Interview.

En quoi consiste le projet de Fontenilles'
Nous désirons créer un complexe cinématographique comprenant des studios de cinéma à haut niveau d'équipement. Mais il sera aussi question d'enseignement et de recherche. Notre projet s'inscrit dans l'ère de l'industrie médiatique au sens large avec les nouvelles technologies qui l'accompagnent. Il ne se limite pas seulement au cinéma.


Quelle est la raison qui vous a motivé à reconduire un tel projet après l'échec de Francazal \'
Francazal n'a certainement pas marqué la fin de mon intérêt pour le cinéma. J'entretiens une véritable passion pour le cinéma. Ensuite Francazal fut une expérience enrichissante. Seulement, lorsqu'on se lance dans les affaires, le risque zéro n'existe pas. Il y avait un appel à candidatures, la nôtre n'a pas été retenue. La lisibilité financière de notre projet n'était pas assez claire et l'offre foncière que l'on proposait n'était pas suffisante aux yeux de l'État. Mais cela m'a permis d'arriver aujourd'hui à ce nouveau projet.

En quoi le projet de Fontenilles est-il crédible cette fois-ci \'

Désormais on maîtrise le foncier, nous avons signé une promesse de vente portant sur 40 hectares de terrain. Je ne suis plus seul à porter cette initiative, je suis intégré dans un groupe international, Adventure Entertainment Company  (AEC), dont je suis actionnaire et vice-président Europe. Ce groupe est présidé par Donald Bredberg qui était notamment responsable du développement du groupe Universal. AEC réunit des investisseurs européens, américains, asiatiques, saoudiens...  Nous sommes implantés partout dans le monde, et nous sommes en relation avec les plus grandes sociétés de productions cinématographiques.


Lesquels par exemple \'
Pour l'instant cela reste secret.


À l'époque de Francazal, le président de la Fédération des industries du Cinéma, Thierry de Segonzac parlait d'un projet "saugrenu" en invoquant notamment la sous-occupation des plateaux de tournage de la "Cité du cinéma" de Luc Besson...
Chacun son opinion, j'espère avoir une discussion constructive avec les industries techniques. Les équipements, les prestations et les plateaux de tournage que l'on propose pourront être complémentaires aux studios déjà existants. De plus les plateaux de tournage français sont vieillissants et les studios de Bry-sur-Marne sont censés fermer prochainement. Nous allons proposer des équipements de haut niveau. N'oublions pas que, hormis l'Inde, la France est la deuxième industrie cinématographique du monde, et ses techniciens sont parmi les plus réputés, or ils quittent le pays faute de projet. À Los Angeles il est fréquent de rencontrer des Français sur les plateaux de tournage. Cette fuite des cerveaux est regrettable.

Les services de l'État vous viennent-ils en aide \'

Nous ne demandons rien à l'État si ce n'est d'agir en facilitateur. Il faut que l'État centralise ses services pour nous simplifier les démarches administratives. Nous échangeons depuis plusieurs mois avec l'agence française pour les investissements internationaux (AFII) qui dépend du ministère de l'Économie. Aujourd'hui nos relations avec L'AFII sont régulières et constructives. Par ailleurs, le crédit d'impôt accordé aux productions étrangères qui désirent tourner en France vient d'être relevé. Le projet que l'on porte va dans le sens de ce que souhaite l'État, et peut contribuer à relancer l'industrie du pays et lui faire retrouver de son attractivité. Ce serait bénéfique pour notre pays et la région. On parle de 10 000 emplois directs et indirects créés, sans compter le rayonnement culturel que cela apporterait. Notre souhait est d'impliquer le plus possible les entreprises régionales. Les premières seront les entreprises du BTP de la région qui  seront consultées pour la construction.


Pensez-vous concurrencer les plus grands studios français et étrangers \'
Nous avons déjà beaucoup d'échanges avec les sociétés de production audiovisuelle qui expriment un réel besoin. Il faut que l'État poursuive en matière d'incitation fiscale. C'est ce qui a été fait au Royaume-Uni, et depuis, les studios de Pinewood, à Londres, ne désemplissent pas.


Regrettez-vous le site de Francazal \'
Étant de Cugnaux, je le regrette, pour la commune et l'agglomération. Je pensais que la base aérienne était parfaite pour abriter des studios de cinéma, mais un sujet industriel n'est pas forcément attaché à son site, notre projet peut se réaliser ailleurs.


D'où vient votre volonté inébranlable de réussir dans le cinéma \'
Depuis toujours c'est un univers qui me passionne. Lors de mes études d'architecture je dessinais déjà des studios de cinéma. Désormais je me suis totalement investi dans cette aventure et j'ai abandonné mon métier d'architecte.


Êtes-vous sûr de la réussite de ce nouveau projet \'
Rien n'est jamais certain. On fait tout pour et c'est bien engagé.


Propos recueillis par Valentin Dohin
©photo Rémi Benoit
 


En savoir plus :

AEC
L'Adventure Entertainment Company est un groupe d'investisseurs international, basé à Las Vegas aux États-Unis. Selon Bruno Granja, le groupe finance, développe, exploite des projets liés au divertissement partout dans le monde. Donald Bredberg, son fondateur, a travaillé plusieurs années sur la création du plan initial de financement de Disney Paris en collaboration avec The Walt Disney Company. Il sera en février à Toulouse pour présenter le projet de Fontenilles au coté de Bruno Granja.

Crédit d'impôt international

Le parlement a adopté en décembre 2014, un amendement à la Loi de Finance rectificative, visant à renforcer la compétitivité des crédits d'impôts en faveur du cinéma et de l'audiovisuel. Cette mesure d'optimisation fiscale veut améliorer l'attractivité de la France face à la concurrence internationale. Ce dispositif a principalement bénéficié aux films américains et britanniques, comme la dernière production d'Universal réalisée en France, "Moi, moche et méchant'2".

La Cité du cinéma de Luc Besson

Inaugurée en septembre 2012 à Saint-Denis en banlieue parisienne, la Cité du cinéma était présentée comme les studios les plus grands et les plus modernes d'Europe. Ce lieu rassemble plateaux de tournage, école de cinéma, sociétés de production, scénaristes... Mais le site est sous occupé et critiqué dans sa conception par les professionnels.


 



 

 
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